EUROPAN 18 – Mention spéciale
MOA : Europan 18 / Romainville (93)
Programme : Concours d’idée
Surface : Le quartier des Ormes
Livraison : 2025
Prix : Mention spéciale du jury
Equipe : Vincent Hannebert, Laetitia Roggeman, Théo Mahut

Re-sourcer le quartier des Ormes : vers une fabrique coopérative de la résilience.
Face à la raréfaction des ressources et à la vulnérabilité croissante des territoires, le quartier des Ormes apparaît comme un terrain propice à l’expérimentation d’un projet-processus mobilisant les ressources existantes — écologiques, sociales et matérielles — pour construire une résilience ancrée dans le territoire.
Reformuler la question pour mieux y répondre
Le sujet proposé par Europan soulève des tensions apparentes : comment renouveler sans exclure, ouvrir à la métropole sans précipiter la gentrification, renforcer sans standardiser ? Pour y répondre, nous avons choisi de déconstruire les enjeux à toutes les échelles — mondiale (gentrification), métropolitaine (pression foncière), locale (forme urbaine, solidarités) — afin de reformuler la question :
Comment guider le quartier des Ormes vers la résilience en mobilisant les ressources écologiques, sociales et matérielles, afin de préserver son héritage historique et paysager, et assurer le maintien en place de ses habitants soumis à une vulnérabilité croissante ?
Afin d’y répondre avec justesse, nous avons étudié ces ressources par tous les médias en notre possession : Visite de site, interview des habitants, analyse cartographique, historique, photographique, journalistique et statistique.

1. Une intervention urbaine légère et locale
Le quartier des Ormes possède déjà des atouts précieux : venelles végétalisées, cœurs d’îlots arborés, patrimoine bâti varié, présence d’artisans… L’enjeu n’est donc pas de transformer brutalement le quartier, mais d’activer ce qui existe.
Notre proposition mise sur une urbanisation douce : réemploi des matériaux issus des chantiers voisins, requalification légère de l’existant, désimperméabilisation ciblée, et mise en culture de certaines parcelles libres. L’objectif est simple : améliorer le confort de vie, renforcer les continuités écologiques et limiter l’impact carbone, tout en préservant l’identité historique du quartier.

2. Des coopératives habitantes pour protéger le quartier
Les Ormes subissent déjà la pression foncière et les achats par regroupement de parcelles, au risque d’effacer progressivement la diversité sociale du quartier.
Pour y répondre, nous proposons la création de coopératives habitantes, inspirées des modèles suisses. Les propriétaires mettent en commun leurs parcelles au sein d’une structure collective à but non lucratif. Chacun reste chez soi, mais bénéficie d’une gestion mutualisée, d’un cadre de vie amélioré et d’une réelle protection contre la spéculation.
Ce dispositif, rendu possible en France par la loi ALUR, devient un outil puissant pour agir à l’échelle de l’îlot et redonner aux habitants la maîtrise de leur avenir.

3. Trois échelles d’action : individuelle, collective, publique
La résilience du quartier repose sur une gouvernance partagée :
À l’échelle individuelle, chaque habitant peut participer à l’entretien des espaces, partager outils et savoir-faire, et contribuer à une culture du « faire ensemble ».
À l’échelle collective, les coopératives coordonnent les petits chantiers, encadrent les formes bâties, valorisent les espaces verts et soutiennent les projets d’entraide.
À l’échelle publique, la ville accompagne cette dynamique : mise à disposition de ressources, soutien technique, création d’un lieu-pilote type « Maison des Coopératives », et reconnaissance des îlots comme terrains d’innovation locale.

Conclusion
En combinant ces trois leviers — urbanisme léger, coopératives habitantes et gouvernance partagée — les Ormes peuvent devenir un quartier pionnier : un territoire qui ne subit pas le changement, mais le fabrique collectivement. Une approche qui pourrait inspirer d’autres quartiers confrontés aux mêmes défis de transition et de vulnérabilité.
